Une économie verte

SWITCH expose plus largement le contexte et les enjeux québécois et mondiaux d’une économie verte, dans sa publication : L’économie que nous voulons. Propositions de positionnement de l’économie québécoise dans un monde en transition, Mars 2013.

 

TABLE DES MATIÈRES

  1. Qu’est-ce qu’une économie verte?  
  2. Le Québec vers une économie verte
  3. Croissance mondiale de l’économie verte  (p.12 à 18 de la publication)
  4. Soutien à l’économie verte dans le monde (p.20 à 28 de la publication)

 1. Qu’est-ce qu’une économie verte?

 (…) une économie qui entraîne une amélioration du bien-être humain et de l’équité sociale, tout en réduisant de manière significative les risques environnementaux et la pénurie de ressources (…) 1
–  PNUE 2011

Cette économie se caractérise par un faible taux d’émission de carbone, l’utilisation rationnelle et durable des ressources limitées et l’inclusion sociale. Elle implique un découplage entre la création de la richesse et les impacts environnementaux. C’est une vision s’applique à l’ensemble de l’économie, tout secteur confondu.

Les marchés associés à une économie verte pourraient passer de 740 milliards $ US en 2009 à 1,5 ou 2,7 billions $ US d’ici 2020, soit quelque 2,1% du PIB mondial 2.

De grands partenaires économiques du Québec ont décidé d’appuyer le passage vers une économie verte au bénéfice de l’ensemble des secteurs de leur économie nationale (investissements, politiques et initiatives publiques) alors que ce type de vision d’ensemble fait encore défaut au Québec.
Près de 522 milliards $ US ont été consacrés en 2011 à l’essor d’une économie verte, par la Chine, les États-Unis, l’Europe, la Corée du Sud et de nombreux autres 3.
La Chine, Les États-Unis, la Corée du Sud, l’Allemagne, la France, l’Europe, la Grande-Bretagne, La Californie, l’État de New-York, compte parmi ceux qui ont adoptés des stratégies de promotion d’une économie verte.

Une économie verte entraîne l’apparition d’immenses marchés au niveau de secteurs-clés, notamment :

  • Les technologies propres
    L’industrie mondiale des technologies propres est estimée à 1 billion de dollars en 2010, ce chiffre pouvant atteindre quelque 3 billions $ en 2020 4.
  • Les énergies renouvelables
     Les investissements dans les énergies renouvelables auraient atteint 257 milliards $ US en 2011, avec un taux de croissance annuel moyen de 31 % depuis 2004 5.

Une économie verte possède plusieurs avantages :

  • Augmentation de la productivité
  • Augmentation de la quantité, de la qualité et de la durabilité des emplois
  • Réduction de la dépendance aux énergies fossiles et amélioration de la balance commerciale
  • Compétitivité accrue
  • Croissance dynamique


Sources :

[1] PNUE (2011). « Vers une économie verte : Pour un développement durable et une éradication de la pauvreté », Synthèse à l’intention des décideurs, 2011, p.1.

[2] HSBC (2010). “Sizing the climate economy: We forecast the low-carbon energy market will triple to USD2.2trn by 2020”, HSBC Climate Change Global research, September 2010.

[3] PNUE (2011). « Vers une économie verte : Pour un développement durable et une éradication de la pauvreté », Synthèse à l’intention des décideurs, 2011, p.1.

[4] ANALYTICA ADVISORS (2013). The 2013 Canadian Clean Technology Industry Report., p.1

[5] BLOOMBERG (2012). ”Global Trends in Renewable Energy Investment 2012”, Bloomberg New Energy Finance Report, 2012.


2. Le Québec vers une économie verte

Le Québec apparaît idéalement positionné pour saisir les opportunités d’un monde en transition vers une économie verte. Pour y arriver, le soutient de l’État québécois est déterminant. En 2012, le gouvernement du Québec a reconnu que « la transition vers l’économie verte peut constituer un moyen de stimuler l’activité économique de certains secteurs et la création d’emplois par la conception et l’exploitation de nouveaux produits, processus ou marchés » 1.

Des efforts à faire…

L’enjeu est de créer une culture entrepreneuriale et d’innovation axée sur une économie verte, de stimuler la compétitivité des entreprises, des emplois verts ainsi que la diffusion des technologies et des innovations vertes à travers l’ensemble de l’économie. L’économie et la société québécoises demeurent parmi les plus énergivores au monde 2, malgré des efforts notables dans le domaine de l’efficacité énergétique. Les entrepreneurs québécois n’occupent encore – et ce très partiellement – que quelques créneaux et niches de marché au cœur d’une économie verte.

…Mais un potentiel certain

La force du Québec dans l’économie verte provient en grande partie de son tissu industriel, du choix de l’hydroélectricité comme source principale d’énergie et d’un climat de société où la population est  conscientisée aux problèmes environnementaux et a une volonté d’agir.
Parmi les créneaux porteurs pour le Québec :

L’efficacité énergétique, un énorme potentiel de création de richesse et d’emplois
La gestion des matières résiduelles, une des forces du Québec
Les énergies renouvelables, un avantage concurrentiel pour le Québec
La chimie verte, nouveau créneau de croissance
Le traitement de l’eau, de l’air et des sols, au cœur de l’économie de l’environnement
Les transports et la mobilité durable

Le soutien du gouvernement québécois

Le gouvernement du Québec peut soutenir cette économie verte et envoyer de bons signaux de marché :

  •  Par un cadre réglementaire et fiscal qui favorise les gains d’efficacité
  •  Par un meilleur soutien à la R&D et à travers ses politiques d’innovation
  •  Par des investissements publics cohérents et pertinents (p.e. transports collectifs)
  • Et par un meilleur soutien au développement, à la démonstration et commercialisation des produits des entreprises innovantes de l’économie verte.

La part de l’investissement privé

L’ONU estime que plus de 80% des investissements requis pour la mise en œuvre de l’économie verte doivent provenir du secteur privé, des consommateurs et des entreprises3.


Sources :

[1] GOUVERNEMENT DU QUÉBEC (2012). « Cadre institutionnel du développement durable et développement d’une économie verte au Québec », p.45

[2] RÉSEAU DES INGÉNIEURS DU QUÉBEC (2009). « Le développement énergétique du Québec dans un contexte de développement durable », p.17

[3] UNFCCC (2007). “Investment and Financial Flows to Address Climate Change”, United Nations Framework Convention on Climate Change report, 2007.